Happy, le doudou perdu | Conte pour enfants
Happy raconte son incroyable aventure après avoir été oublié en montagne. Un conte tendre pour rassurer les enfants qui ont perdu leur doudou.
CONTES ET HISTORIETTES
Natacha Rossignol
8 min lire


Perdre son doudou est souvent l'une des plus grandes peurs des enfants… Mais s'il pouvait raconter lui-même ce qu'il a vécu ?
Dans ce conte, Happy, un petit lapin en peluche, vous raconte son incroyable aventure après avoir été oublié au cœur des montagnes. Une histoire tendre et réconfortante qui rappelle qu'un doudou perdu n'est jamais oublié et que, parfois, de belles rencontres naissent des chemins les plus inattendus.
Happy, le doudou perdu
Je m'appelle Happy.
Il m'est arrivé une aventure folle et je voulais vous la raconter, au cas où d'autres doudous se retrouveraient dans la même situation que moi.
Car oui, je suis une peluche, et je suis doudou de profession.
Je ressemble à un lapin bordeaux à poils mi-longs, avec une petite étiquette accrochée autour de mon cou et qui porte la marque de mon fabricant.
Je ne suis pas très vieux, je dois avoir quatre ou cinq ans, guère plus.
À vrai dire, je ne fais pas attention à mon âge...
Je suis bien plus préoccupé par mon travail que j'aime par-dessus tout. En fait, plus qu'un travail, c'est même une vocation ! Je suis très fier et heureux d'être le doudou de mon petit humain.
D'ailleurs, je ne vous l'ai pas encore présenté : il s'appelle Sacha.
On s'est rencontrés un matin de Noël, j'étais son cadeau.
Ses parents m'avaient acheté dans une jolie boutique de jouets de Lille.
On s'est aimé dès le premier regard.
On faisait tout ensemble : on jouait, on dormait, on mangeait, on allait même à l'école tous les deux.
On ne se quittait jamais, jusqu'à ce terrible jour de juillet où tout a basculé...
On est parti en vacances à la montagne et ses parents avaient décidé de faire une grande randonnée dans la forêt.
Nous devions dormir dans une petite cabane mais tout ne s'est pas passé comme prévu...
Nous avions marché toute la journée dans la montagne et nous venions d'arriver à la cabane.
Sacha m'a alors sorti de son sac et a commencé à jouer avec moi.
Soudain, j'entendis de grands cris qui venaient de sa maman toute affolée dehors.
Je ne compris pas tout, mais je crois que la météo devenait plus que capricieuse.
Et c'est là que le drame se produisit.
Je ne sais pas pourquoi ils étaient dans un tel état, mais ils partirent si vite de la cabane que Sacha me laissa derrière lui, sur la table.
J'attendis longtemps qu'il revienne me chercher mais tout ce que j'entendis fut un tonnerre de tous les diables et la pluie torrentielle qui s'abattit sur le toit.
J'étais terrorisé de me retrouver là ainsi.
Je pleurais car Sacha me manquait déjà et que j'avais terriblement froid de cette absence.
Je passai une nuit horrible, à trembler de peur et de froid et à me demander ce qu'il allait advenir de moi maintenant...
Le lendemain, je sortis de la cabane et trouvai un splendide soleil, comme on n’en a presque jamais à Lille (j'appris plus tard que c'était habituel ici).
L'herbe était encore détrempée de la veille et ma fourrure fut mouillée en moins de temps qu'il ne faut pour dire "doudou".
La forêt était toujours aussi belle, mais je n'arrivais pas à l'apprécier autant qu'en compagnie de Sacha.
Je finis par me poser sur un rocher dans une clairière et je pleurai à chaudes larmes.
Comment allais-je retrouver mon petit garçon ?
Comment allais-je faire pour quitter cette forêt ?
Comment retrouver le chemin de la maison ?
Nous avions fait tellement d'heures de voiture pour arriver là...
Mes questions furent interrompues par l’arrivée d'un chevreuil venu brouter l'herbe de cet endroit de la forêt.
« Oh ! Bonjour », me dit-il visiblement plus surpris qu'effrayé (mais pourquoi aurait-il eu peur d'une peluche ? Il en était presque une...) « Qui es-tu ? »
Il me regarda en basculant sa tête de droite à gauche.
« Qu'es-tu, en fait ? » Demanda-t-il en fronçant les yeux.
« Je suis une peluche. Je m'appelle Happy. J'ai perdu mon humain qui m'a oublié à la cabane là-bas », dis-je en pointant du doigt vers le lieu maudit.
« C'est quoi une peluche ? »
« C'est... pour la plupart du temps des imitations d'animaux en tissu. On est destiné souvent à devenir des doudous. »
« C'est quoi un doudou ? »
« Vaste question », soupirais-je à l'évocation de mon métier dont j'étais désormais au chômage. « Un doudou, c'est un objet que l'on sert contre soi pour dormir, quand on se sent seul ou quand on a peur. C'est tout doux pour apporter du réconfort et du bien-être. C'est un copain que tu emportes partout avec toi au cas où tu en aurais besoin... C'est un petit bout d'amitié éternelle qui ne faillira jamais. »
Le chevreuil s’était assis et m'écoutait avec une grande attention, semble-t-il fasciné par ce que je lui racontais.
« Ouah... C'est magique un doudou ! »
« Oui, on peut dire ça », lui souriais-je.
« Mais alors, si tu es si important, pourquoi il t'a laissé là ton humain ? »
« Il ne l'a pas fait exprès...Souvent, ce sont avec les choses qu'ils aiment le plus au monde qu'ils font le moins attention. Cela fait partie de leur humanité... Ce sont ces imperfections qui me les rendent si attachants... »
Je me perdis un peu dans mes pensées puis lui demandai soudainement :
« Sais-tu s'il passe souvent du monde à cette cabane ? »
« Oui, un peu, mais pas beaucoup. C'est pour ça que j'aime bien cet endroit. C'est calme côté humain. »
Il vit que je baissais la tête de dépit alors il reprit très vite :
« Mais par contre on est des tas d'animaux super cool, tu vas voir ! Tu ne vas pas t'ennuyer avec nous », me dit-il dans un grand sourire où je pus apercevoir toutes ses dents jaunes intercalées de brins d'herbes. « Au fait, moi c'est Sylvio. »
Je passais de longs mois dans la forêt en compagnie de toute la faune locale.
Sylvio avait raison, ils étaient nombreux et rigolos.
Blaireaux, sangliers, biches, faons, chevreuils, oiseaux, mulots, lézards...
Et Sylvio avait aussi raison sur un autre point : il y avait bien plus d'animaux que d'humains.
On en vit un peu pendant quelque temps, puis quasiment plus personne.
Mon nouvel ami m'expliquait que c'était la saison des gens, puis l'hiver apportait un calme plat.
Je n'oubliais évidemment pas Sacha.
Certains soirs, j'étais très mélancolique.
Alors je regardais les étoiles en pensant très fort à lui, et je me demandais s'il faisait pareil...
Chaque fois que des humains approchaient de la cabane, je fonçais me mettre sur la table dans l'espoir que ce soit Sacha et sa famille.
Mais ils ne revinrent jamais.
Je passais aussi de bons moments, et j’appris à apprécier cette jolie forêt. La clairière était si belle…
Un jour, les grands arbres commencèrent à jaunir, puis roussir, et dès que je marchais dehors, des petites aiguilles me tombaient dans les poils. Sylvio m’apprit que c’était les feuilles des mélèzes.
Un matin, je me réveillai avec une étrange sensation. J’avais l’impression qu’il n’y avait plus âme qui vive dehors tant je n’entendais pas le moindre bruit.
Quand je sortis, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir la forêt recouverte d’une étrange substance blanche. Je n’osais pas bouger ni toucher cette drôle de chose.
Mais je vis arriver un faon trop mignon qui jouait comme un fou avec, alors je conclus que ce n’était pas dangereux.
Lorsque je mis ma patte dedans, je la retirai aussitôt, surpris par le froid et le côté un peu humide.
Mais bien vite, je trouvai cela très drôle et je passais la journée à jouer avec les animaux dans ce qu’ils appelaient de la « neige ».
Un jour, un monsieur me trouva sous la table (je n'avais pas eu le temps de grimper, il m'avait surpris).
Il décida alors de me pendre par les oreilles sur le porte-manteau en disant "comme ça on te trouvera !"
L'intention était louable mais je restai coincé ainsi plusieurs semaines avant que la chance me sourît enfin.
C'était un après-midi de printemps (la chaleur revenait peu à peu dans la forêt).
Sylvio était venu discuter avec moi à travers les murs de la cabane, car j'étais toujours coincé à mon porte-manteau à la noix.
Soudain il s'exclama :
« Des humains ! Je file ils ont une chienne en plus ! »
Quel odorat il avait ce Sylvio !
Quelques instants plus tard, la porte de la cabane s’ouvrit et je vis un gros chien (enfin, une chienne, Sylvio avait dit) noire et feu qui entrait en compagnie d'un homme barbu, puis d'une femme à l'air douce et enjouée.
Elle me vit dès qu'elle passa la porte.
Elle se précipita pour me décrocher, comme si elle avait compris que je n'étais pas bien pendu par les oreilles.
Elle me mit sur la table de dehors et je l'entendis parler avec son homme.
« On ne peut pas le laisser comme ça ici tout seul. Il va s'abîmer et en plus, il a besoin d'un bon bain ! »
Je ne savais pas encore qui elle était, mais je compris qu'elle était ma sauveuse.
« Je vais laisser un mot, comme ça si son petit propriétaire revient ici le chercher, il saura où me joindre. »
J'étais si heureux d'être enfin tombé sur quelqu'un qui semblait parfaitement comprendre ma situation terrible...
Elle me dessina (fort bien d'ailleurs, car on me reconnaissait parfaitement !) et me ramena chez elle.
Elle me donna un bain (oh joie ! Que cela faisait du bien de retrouver ma fourrure propre et qui sentait bon, débarrassée de toutes ces saletés). I
l fallut trois lavages tout de même...
Elle me déposa sur une petite chaise en bois devant une cheminée pour que je sèche, c'était merveilleux !
Puis, je la vis s'activer pour faire des affiches avec ma photo et passer des coups de téléphone pour signaler ma disparition.
Lorsque je fus bien sec, elle m'emmena dans une pièce fabuleuse...
Je voyais des peluches de partout : sur des étagères, sur des meubles, dans des paniers.
Certaines étaient bien plus vieilles que moi et d'autres semblaient être nées la veille.
Elle me déposa à côté d'une vieille tomate en peluche à l'air parfaitement joviale et sortie de la pièce.
Je restais bien sage à admirer ce lieu incroyable jusqu'à ce que la nuit tombe et que toutes les peluches autour de moi vinrent se présenter.
Il y avait Tomate, Kuma, Penny, Coquette, Châtaigne, Lucien, Pouclette, Hector, et j'en passe !
J'appris que je venais d'être trouvé par une doucelière : une fabricante de peluche ! C'est pour cela qu'il y avait tant de peluches et de doudous dans cette maison (il y en avait dans toutes les pièces en réalité).
Penny m'apprit que c'était son humaine depuis plus de trente ans et que c'était vraiment quelqu'un qui s'inquiétait du sort de chaque doudou.
En plus, elle avait la particularité d'écrire des histoires sur ses peluches.
« D'ailleurs, me dit-elle, je ne serais pas étonnée que ton histoire l'inspire... »
Voilà comment je me suis retrouvé dans une doucellerie, un lieu magique où naissent des peluches et leurs histoires...
Sacha, si tu m'entends, j’espère vraiment te retrouver un jour, mais sache qu'en attendant, je suis heureux et entouré d'amis en peluche incroyables...
Fin
L'histoire de Happy est inspirée d'une histoire vraie.
Si vous cherchez un doudou perdu, découvrez mes conseils pour mettre toutes les chances de votre côté afin de le retrouver.
Vous voulez continuer votre lancée et lire un autre conte ?
Droits d'auteur et illustrations : Natacha Rossignol
Suivre l'Atelier
Natacha Rossignol
Entrepreneur Individuel
SIRET 97929368500017
68 route d'Embrun 05200 Puy st Eusèbe
nequidia@gmail.com 06.67.48.18.73
Informations
Crédits photos
Natacha Rossignol
Mentions légales
Hébergeur : HOSTINGER INTERNATIONAL LTD, 61 Lordou Vironos Street, 6023 Larnaca, Chypre :https://www.hostinger.fr/contact.
💌 Recevez les nouvelles de la Doucellerie
Histoires, créations et douceur directement dans votre boîte mail
